La République démocratique du Congo (RDC) prévoit de mobiliser 16,5 milliards de dollars sur dix ans pour financer son Plan décennal d’urbanisme et de logement 2026-2035.
Présentée le 14 octobre 2026 par le ministre d’État chargé de l’Aménagement urbain et du Logement, Alexis Gisaro Muvunyi, cette stratégie repose sur des partenariats public-privé (PPP), des financements de donateurs internationaux et des ressources de l’État.
L’ambition est de répondre aux besoins croissants des villes congolaises en matière de logement, d’infrastructures et de services essentiels. D’ici 2035, le gouvernement vise à garantir l’accès à un logement décent à 500 000 ménages, à constituer 62 000 hectares de réserves foncières et à adopter 26 plans directeurs d’urbanisme.
Le programme vise également à accroître l'accès à l'eau potable dans les zones urbaines, le faisant passer de 52 % à 80 %, et l'accès à l'électricité, le faisant passer de 45 % à 75 %. L'assainissement et la mobilité urbaine figurent également parmi les priorités.
Kinshasa, Lubumbashi, Kisangani et Goma sont incluses, ainsi que Mbuji-Mayi, Kolwezi, Kananga, Tshikapa, Likasi et Matadi.
Kinshasa concentre les principaux investissements
La capitale occupe une place prépondérante dans le programme. Un budget de 6,4 milliards de dollars est prévu pour la mise en œuvre du Cadre stratégique de développement de la région métropolitaine de Kinshasa (SOSAK) et du Plan directeur des transports urbains de Kinshasa (PDTK).
Les investissements prévus concernent notamment l'assainissement, les systèmes de bus à haut niveau de service et l'infrastructure ferroviaire urbaine.
Les villes secondaires et les corridors économiques stratégiques devraient bénéficier de 4 milliards de dollars. Il s'agit notamment des corridors de Lobito, d'Inga-Banana et de la Paix. Une enveloppe supplémentaire de 3 milliards de dollars est prévue pour les grandes zones urbaines, dont Kinshasa, Lubumbashi, Kisangani et Goma.
Le plan prévoit également 2,3 milliards de dollars pour le logement et la future Banque du logement, ainsi que 750 millions de dollars pour lutter contre l'érosion et renforcer la résilience urbaine. La gouvernance, la planification, le suivi et l'évaluation devraient recevoir 6,9 millions de dollars.
Sur le plan administratif, le ministère entend accélérer la numérisation du Guichet unique de délivrance des permis de construire (GUPEC). L’objectif est de simplifier les procédures et d’améliorer le recouvrement des recettes liées à l’aménagement urbain.
La réalisation de cette ambition dépendra de la capacité du gouvernement à présenter des projets suffisamment aboutis pour attirer les investisseurs. Des études techniques, économiques et financières doivent permettre de hiérarchiser les projets, d'évaluer les besoins et de définir des montages financiers adaptés à chaque opération.